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Le CO2 dans le collimateur des législateurs

Alors qu’aucun texte légal ne limite les émissions de CO2 des poids lourds, l’Europe envisage de prendre des mesures contraignantes dans un avenir proche.

Le CO2 dans le collimateur des législateurs lundi 30 novembre 2015

Certains transporteurs n’ont pas attendu l’arrivée de contraintes légales pour agir en faveur de l’environnement. Troisième transporteur français de marchandises générales, Malherbe fait figure de précurseur en la matière. En avril 2010, le groupe a été l’un des premiers transporteurs à signer la charte d’engagement volontaire « Objectif CO2 » mise en place par l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie) et le ministère du Développement durable et de l’Énergie. Grâce au renouvellement de sa flotte, à l’optimisation de ses moyens, à la sensibilisation de ses chauffeurs à l’éco-conduite et au développement de l’informatique embarquée, Malherbe a réduit ses émissions de CO2 de 9,6 % entre 2010 et 2012 et vise une nouvelle baisse de 5 % sur la période 2013-2016.

A l’image de Malherbe, 300 transporteurs ont signé la charte « Objectif CO2 » et se sont engagés à réduire leurs émissions de dioxyde de carbone. Pourtant, rien ne les y oblige. Au niveau français comme au niveau européen, il n’existe aucun texte réglementaire contraignant en matière de CO2. Quant les normes Euro encadrent les polluants locaux rejetés par les véhicules neufs, aucune disposition ne limite ces émissions. Pourtant, selon la commission européenne, les poids lourds représentent le quart des émissions du transport routier et 5 % de la totalité de l’ensemble des gaz à effet de serre produits par l’Union Européenne. Autre chiffre préoccupant, les émissions de CO2 des poids lourds ont augmenté de 36 % entre 1990 et 2010. En France, en 2010, le transport représentait 36,5 % des émissions de CO2 et 27,3 % des émissions de gaz à effet de serre.

Des mesures de plus en plus contraignantes

Si la loi française n’oblige pas les transporteurs à limiter leurs émissions de CO2, depuis octobre 2013, ces derniers doivent informer leurs clients sur ce point précis. Désormais, chaque prestation de transport doit donner lieu à l’affichage des émissions de dioxyde de carbone produites lors du parcours.

Route, chemin de fer, air, fleuve, mer, cette disposition concerne tous les modes de transport et tous les trajets qui ont la France pour point de départ ou d’arrivée. Le moment où l’information est transmise peut faire l’objet d’un accord entre le prestataire et son client. Si aucune décision n’a été prise, l’information doit être fournie dans un délai de deux mois après l’exécution de la prestation.

Décidée dans le cadre du Grenelle de l’environnement, cette disposition s’inscrit dans le dispositif global mis en place par la France qui veut diminuer de 20 % les émissions de gaz à effet de serre du transport et les ramener à leur niveau de 1990 d’ici à 2050.

L’Europe a également décidé d’agir. En mai 2014, la Commission Européenne a adopté une stratégie pour contrôler les rejets de CO2 des poids lourds. Comme elle l’a déjà fait pour les véhicules particuliers et les utilitaires légers, elle envisage d’introduire des seuils à ne pas dépasser pour les constructeurs de poids lourds, d’autobus et d’autocars neufs.

Mais en attendant de futures réglementations et dès à présent, réduire ses émissions de CO2 permet de limiter ses consommations de gazole. En lien direct, ces deux variables offrent la possibilité de diminuer et son empreinte environnementale et le coût d’utilisation des véhicules. Dans un contexte de plus en plus difficile, optimiser sa flotte sur les plans environnementaux et économiques devient crucial alors que le carburant représente le quart du prix de revient d’un transport routier en longue distance.

Les solutions MICHELIN

Hélène Boulangeot, responsable des offres première monte poids lourds Europe, Michelin :

« Un gain de 1 610 euros et de 3,7 tonnes de CO2 »

« Le pneumatique joue un rôle essentiel sur la consommation de carburant et donc sur les émissions de CO2. Environ un plein de carburant sur trois sert uniquement à vaincre la résistance au roulement  des pneumatiques. Pour limiter les émissions de CO2, MICHELIN travaille sur plusieurs solutions.

D’abord sur la conception pneu pour baisser la résistance au roulement : plus cette dernière est faible, moins le poids lourd consomme de carburant et donc moins il dégage de CO2. Un litre de carburant consommé équivaut à 2,6 kg de CO2 rejetés dans l’atmosphère. Pour Michelin, le défi consiste à abaisser la résistance au roulement sans faire le moindre compromis sur l’adhérence, la sécurité et la longévité des pneumatiques.

MICHELIN commercialise des pneus à basse résistance au roulement en poids lourd depuis près de 20 ans. Lors du dernier salon IAA à Hannovre en 2014, nous avons présenté le premier convoi classé AAA en résistance au roulement du marché. Baptisée MICHELIN X® LINE™ Energy™ et réservée aux véhicules poids lourd grand routier, cette gamme obtient sur les essieux avant directeur (MICHELIN X® LINE™ Energy™ F), arrière moteur (MICHELIN X® LINE™ Energy™ D2)et remorque (MICHELIN X® LINE™ Energy™ T) les meilleures notes en résistance au roulement selon le règlement européen R1222/2009. Par rapport à la précédente génération, il affiche jusqu’à 1 litre de carburant économisé aux 100 km. Sur la totalité de la première vie du pneu, il permet un gain de 1 610 euros pour le transporteur, auxquels s’ajoutent 3,7t de CO2 qui ne seront pas dégagés dans l’atmosphère : l’économie et l’environnement sont ainsi réconciliés ! Disponible sur les véhicules Mercedes dès le 1er janvier 2016, il le sera ensuite chez d’autres constructeurs.

Michelin accompagne également les transporteurs dans l’optimisation de leur consommation de carburant et de leurs émissions de CO2 en les sensibilisant à l’importance de la maintenance. Par exemple un bon suivi des pressions est clé : une sous-pression de 17% (soit 1,5 bars) génère une surconsommation d’1 % soit potentiellement plus de 300 litres par an. Le nouveau programme connecté MICHELIN TIRE CARE contribue justement à faciliter les opérations d’entretien des pneumatiques pour en tirer toute la valeur ! Au-delà, le modèle Michelin multi-vie (neuf, recreusage, rechapage, recreusage) limite la quantité de déchets à traiter grâce au rechapage et la consommation jusqu’à 2 litres / 100km grâce au recreusage.