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Le dernier kilomètre prend le vert

En privilégiant des véhicules électriques ou GNV, une poignée de transporteurs réalisent des livraisons urbaines dans le respect de l’environnement.

Le dernier kilomètre prend le vert mercredi 09 septembre 2015
Avec la création de nouveaux modèles économiques pour contrebalancer les surcoûts à l’achat, ils anticipent les futures restrictions de circulation et prennent une longueur d’avance. 

Les centres urbains concentrent les défis environnementaux du transport. Pollution de l’air, émissions de gaz à effet de serre et nuisances sonores se multiplient dans des aires géographiques limitées à la densité de population importante. Afilog, association qui rassemble les professionnels de la logistique urbaine, livre quelques chiffres pour mesurer l’ampleur du phénomène. En Ile-de-France, à certaines heures de la journée, le transport de marchandises représente la moitié des émissions de particules fines, le tiers des rejets d’oxydes d’azote et le quart du CO2 de la pollution automobile. Les livraisons du dernier kilomètre représentent bel et bien un enjeu environnemental et un problème de santé public.

A l’image d’autres grandes villes européennes, Paris a décidé de prendre le problème à bras le corps. Depuis le 1er septembre 2015, les poids lourds immatriculés avant octobre 2001 sont interdits dans la capitale. Selon les spécialistes, ce type de véhicule ne représente que 2 à 3 % du parc roulant. Cela étant, inexorablement, les restrictions de circulation vont se multiplier et devenir de plus en plus sévères et d’autres villes hexagonales devraient emboîter le pas de la capitale.

Certains transporteurs n’ont pas attendu cette évolution pour agir en faveur de l’environnement. Colizen, Deret, Greenway, Labatut, La Poste, Mauffrey, etc., les exemples de livraisons vertes se multiplient. Parallèlement aux véhicules électriques, le GNV (Gaz Naturel Véhicule) trace également une voie d’avenir pour dépolluer les derniers kilomètres réalisés en ville. Des enseignes comme Carrefour ou Monoprix promeuvent d’ores et déjà cette énergie qui permet de réduire les émissions de particules de 95 %, celles d’oxydes d’azote de 85 % et celles de CO2 de 10 % par rapport au diesel.

DES OBSTACLES A SURMONTER

Livrer les centres villes avec des véhicules propres ne s’improvise pas. Pour l’électrique, l’autonomie limitée des batteries et le surcoût à l’achat imposent un mode d’exploitation spécifique. Créé en 2008, Colizen livre les clients de MisterGoodDeal, Nespresso, Aquarelle, Smartbox, Pixmania, BrandAlley et la FNAC avec des utilitaires électriques. Pour réduire le nombre de kilomètres parcourus et s’affranchir de l’autonomie limitée, Colizen utilise une plateforme logistique implantée à Paris intra-muros et a investi 1,5 million d’euros dans un logiciel d’optimisation de tournées. « L’inflation du prix du foncier est le principal obstacle au développement du transport électrique, explique Fabien Esnoult, l’un des deux cofondateurs. Pour que les prix restent compatibles avec l’économie du transport, les plates-formes logistiques reculent de 5 km du centre de Paris tous les dix ans. Plus elles reculeront, plus il sera difficile de livrer le centre avec des véhicules électriques. » En revanche, d’autres villes sont plus propices aux livraisons électriques et Colizen est implanté ou en passe de l’être à Lille, Marseille, Lyon et Bordeaux.

Autre difficulté à surmonter, un véhicule électrique est de trois à quatre fois plus cher qu’un véhicule diesel. La différence de prix entre l’électricité et le carburant fossile permet de rééquilibrer les comptes tout comme les coûts d’entretien moins élevés. Pour rentabiliser leur investissement, Deret et Greenway proposent des services haut de gamme comme le transport jusque dans les réserves, la mise en rayon et la reprise des emballages. Justifiés par ces prestations, les prix plus élevés permettent d’amortir le surcoût de l’électrique. Promouvoir des livraisons propres ne peut se faire sans développer des stratégies astucieuses. En récompense, les pionniers auront une longueur d’avance quand tous les centres villes se fermeront aux véhicules thermiques.

La solution Michelin

Laurent Pascal, chef de produit, Michelin : "Une nouvelle gamme plus respectueuse de l’environnement"
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"Nos gammes de pneumatiques destinés aux poids lourds de moins de 19 tonnes –ceux utilisés pour les livraisons urbaines- sont développées pour limiter les consommations de carburant et les rejets de CO2. Sur l’étiquette énergétique et sur ce critère précis, nous sommes aux meilleurs niveaux du marché.

Parallèlement, une livraison plus responsable doit prendre en compte les nuisances sonores. De futures restrictions de circulation pourraient voir le jour selon ce critère. Nous avons renouvelé 7 des 9 références de notre gamme dédiée aux poids lourds de moins de 19 tonnes et les deux dernières le seront d’ici début 2016. Grâce à de nouvelles sculptures, cette gamme est la plus silencieuse du marché avec un écart de 3 à 5 décibels par rapport aux concurrents. Or un écart de 3 décibels correspond au doublement du volume sonore !
Enfin, notre nouvelle gamme permet de parcourir davantage de kilomètres que la génération précédente avec un écart de longévité qui atteint 2 à 6 mois pour un kilométrage annuel de 100 000 km. Outre un avantage économique, ce progrès constitue un bénéfice pour l’environnement avec des ressources préservées et un recyclage décalé dans le temps."

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